18.10.15

De la difficulté de vouloir réparer le monde

Je suis un réparateur. Comme si c'était le rôle que je m'étais implicitement assigné. Un réparateur de ce qui compose le monde. Et c'est ingérable, évidemment.

C'est involontaire. Inévitable et inéluctable.

Je remarque ce qui ne va pas. Je ne recherche pas les erreurs, je les vois c'est tout. Et je ressens le besoin qu'elles soient rectifiées. Comme un besoin d'harmonie. Comme si l'existence d'accrocs me faisait du mal. Du mal ils m'en font, probablement. Assurément.

Cela semble peut-être prétentieux. Peut-être que ça le serait plus encore si j'expliquais qu'il ne s'agit pas que des erreurs, mais aussi des améliorations possibles. Et 99% de ce qui existe peut être amélioré. C'est juste que 99% des gens ne s'en rendent pas compte. Ou s'en moquent simplement.

C'est une tâche délicate, car généralement elle engendre de critiquer autrui, dans un but constructif, mais autrui ne le prend généralement pas bien, autrui le prend souvent personnellement, autrui se moque la plupart du temps de l'intérêt général.

Cela prend du temps de prendre conscience que l'on est un réparateur. Peut-être viens-je seulement de m'en rendre compte. C'était simplement naturel.

C'est un peu comme une quête. Une quête qui donnerait du sens à mon existence. Au conditionnel, mais il est difficile de trouver du sens et c'est probablement ce qui s'en approche le plus.

Il est ardu de se figurer la difficulté de la tâche. Les approximations, erreurs et améliorations possibles sont partout, tout le temps. Sachant qu'il m'est impossible de ne pas les voir, de ne pas les calculer, et sachant que leurs seules existences me nuisent, on peut essayer de s'imaginer les conséquences. Même si on n'y parviendra probablement pas.

Cela a toujours été ingérable, et le restera. Point. L'on peut raconter ce que l'on veut, se réfugier derrière des proverbes tels "tout change", "chaque problème a une solution", "l'espoir fait vivre" ou "quand on veut on peut", sic, ce ne sont que vains bavardages.