18.5.09

The small red light was right : he's still alive

Enfin un peu d'énergie de retour. J'ai bien l'impression que ce fut à la fois physique et mental. J'avais décidé d'être très efficace ce dimanche. C'est loin d'être la première fois que je décide ça, dimanche ou pas, mais j'ai souvent du mal à m'y tenir.
Il y a notamment cette incroyable puissance de procrastination, si je puis m'exprimer ainsi. J'utilise le mot puissance parce qu'il faut le voir pour le croire. C'est comme un virus implacable, pourtant ô combien détecté, mais indésinfectable, qui multiplie les ruses et les astuces pour trouver sans cesse de nouvelles raisons au report de différentes tâches.
"L'appart n'a pas été rangé depuis 1 mois ? Cela développe ta créativité et cultive ton sentiment de liberté"
"Téléphoner ce matin ? Plutôt pas, on ne sait jamais tu pourrais les réveiller. Le midi alors ? Plutôt pas, tu pourrais tomber en plein milieu du repas. L'après-midi ? Risque de sieste... En début de soirée ? Risque de déranger, et puis s'ils mangent tôt ? En soirée ? Et s'ils sont captivés par la télé ou qu'ils se couchent tôt ? Non crois-moi, tu appelleras demain, tu n'es pas à un jour près."
Et évidemment c'est suite à ces petits jeux que le jour se transforme parfois en semaine. Et c'est comme ça pour quantité de choses. D'un côté je me félicite d'être à contre-courant d'une société pressée, d'approcher le rapport au temps d'un moine bouddhiste, de l'autre je n'en reviens pas et m'interroge tout de même quelque peu.

L'énergie donc. Peut-être ai-je enfin récupéré de mon marathon de plusieurs semaines sans vrais congés, ponctué par un double crash de mon ordi, la chose qui soutient mon existence de la manière la plus vitale après les battements de mon cœur - ou pas loin.
Peut-être était-ce aussi la perspective d'avoir 2 lettres à écrire. Car j'aime définitivement en écrire, de toutes sortes.
Peut-être aussi la perspective de stopper une partie de l'incroyable inertie régnant dans cette appart, même à hauteur de 15%.
Et probablement en bonne partie le sentiment d'un mini changement de cycle, ouvrant quelques nouvelles perspectives et potentiels. Avec simultanément la conviction profonde de faire ce pourquoi je suis fait.
Oui ça se tient, c'est cohérent.

Il ne me reste plus qu'à me décider à acheter certaines choses et il se pourrait que je sois prêt à aborder l'été avec sérénité. Certaines personnes ne peuvent exister sans acheter. La plupart d'ailleurs, seules les fréquences changent. Moi c'est le contraire quelque part : je ne peux exister si j'achète. C'est comme un point d'honneur à rester en dehors - mais c'est même pire que ça, c'est le plus loin possible - du cercle de la consommation. Et quelque chose comme une fois par an mon espace temps se retourne totalement, à peine le temps de quelques heures, je réalise une série d'achats, puis tout se remet en place exactement comme avant, jusqu'à la fois suivante.

For now it's time to hope.