Aller travailler est fade. Même si on a par exemple un travail passionnant, l'action d'aller travailler en elle-même s'avère généralement d'une grande fadeur.
Très longtemps je me suis réveillé aussitôt que mon réveil avait sonné. J'avais même quelque peine à comprendre ceux qui disaient l'éteindre plusieurs fois pour dormir quelques minutes supplémentaires. Je suppose qu'ils ne le réglaient pas sur l'horaire optimal.
Maintenant c'est un peu différent. Je règle toujours aussi court, mais il devient fréquent que je ne me lève pas tout de suite. Les chances que je me rendorme sont minimes mais je suis éveillé et reste allongé, parfois pendant 10 à 20 minutes, ce qui a tendance à me mettre plutôt en retard. Sauf que je ne peux pas me permettre d'arriver vraiment en retard dans les écoles, dès lors je dois tout faire en accéléré, y compris le trajet en voiture, pour espérer arriver à temps (chose que j'ai toujours réussie jusque là). Je réfléchissais l'autre jour à ce phénomène et je me demande si ce n'est pas pour pimenter l'action d'aller au travail. Cette action d'une fadeur et d'une routine extrême devient tout de même plus excitante lorsqu'il y a un compte-à-rebours. C'est peut-être mon inconscient qui m'a poussé à faire cela.
Que mon inconscient doive trouver des subterfuges de ce genre pour que mon conscient s'ennuie moins, c'est à la fois touchant et triste.