Notes prises en revisionnant le Ce soir ou jamais du 17 décembre 2008
Le regard des centenaires sur le monde
Avec Jean-Marcel Jeanneney (98 ans), ancien ministre. Jenny Alpha (98 ans), comédienne. Edgar Morin (97 ans), sociologue et philosophe. Olivier Todd (79 ans), écrivain et journaliste.
Marqués par :
Révolution technologique, les moyens de communications en particulier, avec leurs conséquences sociales.
Le fait qu'en 2008 tous les gens ne mangent pas encore à leur faim.
L'accroissement de la vie. L'importance de la télévision.
Mai 68, rapport Khrouchtchev qui dénonce les crimes de Staline, l'effondrement de l'union soviétique, plus récemment la crise financière de 2008, l'élection de Obama. "Il faut continuer à s'attendre à l'inattendu".
Amusés par :
Variations des politiques des 2 côtés, relations entre les journalistes et les politiques (gênant et divertissant).
Le fait qu'il y ait encore de magnifiques écrivains malgré les nouveaux moyens de communication.
Évolution du roman français : de plus en plus nombrilique.
"Il y a tant de problèmes qu'on ne voit plus trop ce qui est amusant"
Les amuseurs !
Le monde est de plus en plus tragique, il l'a toujours été mais la tragédie est maintenant plus accessible. Il y a maintenant une tragédie à l'échelle de l'humanité puisque la planète entière est menacée.
Culture de masse : télé, radio, journaux. Cherche à plaire, au plus grand nombre. Recherche du public maximum (femmes, hommes, jeunes, vieux, toutes les classes, etc)
Ce qui a changé vers la fin des années 60 : fin de l'optimisme partout, on montre la réalité et les problèmes et on propose des solutions.
De nos jours beaucoup de divertissement. Après une journée fatigante, chronométrée, d'un travail souvent abrutissant, besoin de se détendre.
Heureux pour des raisons familiales, enfants, carrière où il était intéressé, passionné.
Avant 89, le monde était gouverné par l'affrontement est-ouest, communisme/libéralisme alors que depuis ce sont des déferlements ethniques, nationalistes, religieux.
Avant on avait la foi dans le futur, on croyait que le progrès était la loi de l'histoire, que demain serait toujours mieux. Tout ceci est remplacé par l'angoisse du futur ou au minimum l'incertitude. Quand le présent est également angoissant, il n'y a plus que le refuge dans le passé, dans les racines, nationales, religieuses, etc.
La vision des idéologies, des religions a beaucoup changé.
En Europe, l'angoisse de la guerre, du fascisme, aujourd'hui l'Europe est en paix.
Niveau de vie moyen largement supérieur. Augmentation des biens de consommations, si on parle de pouvoir d'achat c'est aussi parce qu'il y a pléthore de choses à acheter.
Angoisse du chômage n'existait pas entre 1950 et la fin des années 80.
Beaucoup de grands progrès ont été payés par des pertes. Augmentation du niveau de vie oui mais augmentation de la qualité de la vie ? Comment mesurer la qualité de la vie ? Est-ce que dans le bien-être matériel on ne voit pas surgir un mal-être psychologique et moral ? N'a-t-on pas créé grâce à la publicité de nouveau besoins qui n'existaient pas ? N'y a-t-il pas une intoxication automobile (NDR je ne sais pas s'il parle du nombre de modèles ou du nombre de voitures et le CO2 associé).
De nombreux aspects néfastes de plus en plus importants.
L'individualisme, un progrès important, se paie par l'égocentrisme et la destruction des anciennes solidarités.
La technique, si merveilleuse pour nous libérer des énergies, nous asservit par l'automatisation et la chronométrie de la vie. Il faut voir à chaque fois les deux aspects.
Attention à ne pas se contenter de la vision occidentale, la surconsommation, la sur-importance de la télé, ne sont pas des problèmes rencontrés partout dans le monde.
L'un des changements du XXème siècle est la possibilité pour tous de voyager.
Il faut noter que des pays qu'on appelle aujourd'hui émergents ont connus de grands progrès depuis quelques dizaines d'années.
Population mondiale : 2 milliards en 1910, 6,5 en 2008. Part du monde blanc occidental privilégié passée de 25% à 18%. L'Asie représente 60% de la population mondiale, l'Afrique autant que l'Europe.
L'Homme a-t-il pris la bonne direction ? Fin des colonialismes, fin de la domination de l'homme blanc. Améliorations des conditions aussi en Amérique latine.
Quand on voit les combats déséquilibrés de Gandhi, Martin Luther King, l'abbé Pierre, Mère Thérèsa, Sœur Emmanuelle, etc, on se dit tout de même que la méchanceté est plus forte que la bonté.
Pourquoi cela a-t-il mal tourné dans beaucoup d'Etats devenus indépendants ? Ce doit être en partie dû au fait qu'ils aient souhaité se gouverner eux-mêmes. On oublie qu'il est extrêmement difficile de gouverner un peuple. Il faut avoir une vieille culture politique. En France ça a commencé à la révolution et il a fallu plus d'un siècle pour que cela commence à se tenir. Même de nos jours ça n'est pas si adéquat que cela ! C'est extrêmement long.
La France est devenue complètement multiraciale.
Disparition du service militaire.
L'irrationnel n'est pas pris en compte.
La question du protectionnisme reste entière.
Droit de vote aux femmes.
Américanisation (positive et négative).
Les sociologues ont la tâche de nous expliquer ce qu'il en est, pas seulement les cas extrêmes mais l'ensemble des choses.