L'autre matin j'ai le bonheur de traverser Lyon en voiture sur le coup de 8h, avec l'habituelle circulation affolante. Ajoutons la nuit qui se dissipe à peine et un peu de pluie. Je suis sur un passage un peu rapide à 2 voies, sur celle de gauche. J'aperçois une moto derrière moi et je pourrais me rabattre sur la voie de droite mais j'hésite car j'ai quantité de raisons de ne pas le faire : je suis à la limitation de vitesse, je ne suis pas sûr de la visibilité (dû aux conditions indiquées), les changements de voie sont sources de bouchons supplémentaires et je devrais me replacer sur celle-ci dans quelques centaines de mètres. On avance jusqu'au prochain feu et là l'agent de police qui était sur la moto se place à ma droite et me demande de baisser la fenêtre. Là il me demande si je suis au courant que dans le code de la route il faut se rabattre sur la voie de droite. Je commence par répondre platement que oui, en m'excusant à demi-mot, mais bien vite j'entreprends de lui fournir mes explications, que je ne peux que bredouiller lamentablement, faute d'avoir pu formuler les phrases clairement dans mon esprit avant - progrès à l'oral ou non, la timidité finit toujours par te rattraper dans les moments critiques -, explications mentionnées plus haut. Là monsieur prend la mouche et me dit qu'il va me verbaliser pour me faire mieux comprendre... Ah, ce besoin d'autorité, c'est fou tout de même. Ce besoin de s'accrocher à un règlement et un uniforme pour faire montre de sa supériorité, sans jamais tenir compte des conditions, du contexte, des êtres.
La question de la répression et de l'application des lois est épineuse et l'Homme devra encore beaucoup progresser avant de réussir à la traiter mieux que ça dans un premier temps et au mieux dans un deuxième temps. S'il y parvient jamais...