Monsieur le conseiller municipal,
Ces derniers mois j'ai alerté différents responsables sur la question des nuisances sonores subies par les riverains habitant à proximité de travaux. Dans l'ensemble, tous fuient leurs responsabilités, considèrent les choses comme normales, ou ne se projettent pas à un niveau plus global.
La loi actuelle sur les plages horaires des nuisances sonores semble très insuffisante :
- on oublie les personnes exerçant une activité professionnelle de nuit (que penser par exemple du sommeil du boulanger qui pendant 2 ans doit subir des nuisances sonores durant quantité de jours ouvrés ?)
- on oublie les personnes qui travaillent à domicile, partiellement ou à temps plein (comment effectuer un travail correct dans des conditions sonores difficiles ?)
- on oublie les personnes en recherche d'emploi (certaines n'ont pas d'emploi, pas d'indémnités et maintenant on leur ajoute des nuisances)
- on oublie les étudiants dont une à deux années de cursus sont rendues plus difficiles par l'ensemble des nuisances)
- on oublie les personnes qui prennent leurs congés, souhaitant pouvoir souffler de rythmes de travail de plus en plus élevés,
etc.
Il est facile de penser que ces catégories, prises une par une, ne représentent pas une grande partie de la population, mais lorsqu'on les regroupe on n'a plus du tout affaire à un pourcentage négligeable.
Certaines personnes déménagent à cause des travaux (c'est le cas dans mon immeuble, et dans bien d'autres probablement). La gêne occasionnée ne peut être considérée comme négligeable ou mineure.
Dans le cadre d'immeubles privés, les sociétés immobilières à l'origine de ces constructions ne sont généralement pas les sociétés les plus à plaindre d'un point de vue financier. Est-ce si utopique d'envisager que la loi les enjoigne à verser des indemnités aux riverains subissant les nuisances ? Même chose pour la Mairie dans le cadre de constructions publiques. Car on aura compris que j'évoque ici une problématique générale : le cas de M. *** au **, rue ** n'est pas grand chose, l'important est que des milliers de personnes sont dans cette situation continuellement en France. C'est de loi qu'il s'agit donc.
C'est de problématique de société qu'il s'agit. Que l'on cesse de fuir nos responsabilités : le problème existe, il n'est pas mineur, il faut le soumettre à des débats et le traiter d'une manière ou d'une autre. N'est-ce pas ainsi qu'une société est censée progresser ?
Je compte donc sur votre sens de la responsabilité pour faire remonter ce problème. Et s'il doit remonter jusqu'à l'assemblée nationale, qu'il remonte, mais que l'on cesse de fuir.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
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